Evaluation gérontologique
Le Réseau de santé Gérontologique apprécie l’état de santé d’une personne âgée en tenant compte de son statut fonctionnel et de son autonomie. Réaliser une évaluation gérontologique de la personne âgée permettra d’établir un diagnostic psycho-médico-social concernant les patholologies, la dépendance, le contexte économique, relationnel, psychologique et l’habitat (agencement, accessibilité, ...)
L’évaluation présente l’avantage d’améliorer l’état de santé du sujet âgé tout en réduisant le coût de sa prise en charge. Elle permet de détecter les déficiences et les insuffisances avant qu’elles ne soient flagrantes. En d’autres termes, elle permet la mise en place d’attitudes préventives.
Exemples d'évaluation
Evaluation cognitive
L’altération cognitive joue un rôle important pour le devenir du patient.
En cas d’altération des fonctions supérieures, les durées d’hospitalisation sont plus longues, il existe un plus grand risque d’événements indésirables après une éventuelle hospitalisation ou une intervention chirurgicale, la mortalité est plus élevée, le risque d’institutionnalisation est plus grand.
Une altération cognitive peut avoir différentes origines (iatrogène, métabolique, ...) mais la maladie d’Alzheimer (MA) en est la cause la plus fréquente.
Un des outils les plus communément utilisés est le Mini Mental Status (MMS) qui évalue en une dizaine de minutes les différents aspects des fonctions cognitives (orientation dans le temps et dans l’espace, apprentissage, attention et calcul, mémoire à court terme, langage, praxie). Une anomalie au MMS doit faire poser l’indication d’un examen plus complet des fonctions cognitives à l’aide des techniques et instruments appropriés.
La dépression
Les symptômes dépressifs sont relativement fréquents chez les personnes âgées. Ils peuvent être à l’origine d’un isolement social, d’une perte de poids ou encore d’une perte d’autonomie. C’est pourquoi le dépistage de ces symptômes et la mise en place de moyens thérapeutiques adaptés sont nécessaires. Des outils de dépistage ont été élaborés, parmi lesquels l’échelle gériatrique de dépression (Geriatric Depression Scale).
Evaluation visuelle et auditive
Les altérations visuelles liées à l’âge concernent l’acuité visuelle centrale et périphérique mais également la vision des couleurs et les contrastes. La cause la plus fréquente est la «dégénérescence maculaire liée à l’âge» (DMLA). La cataracte ou le glaucome sont également des causes fréquentes et potentiellement curables. Ils doivent être recherchés avec soin car ils peuvent être à l’origine de chutes, d’accidents ou encore d’isolement social.
La baisse de l’audition concerne environ 40 % des sujets de plus de 75 ans. Pour dépister une éventuelle hypoacousie, un des moyens simples est de murmurer 3 mots en se tenant à une distance approximative d’une trentaine de centimètres d’une oreille en ayant pris soin de couvrir l’autre oreille. L’incapacité du patient à répéter les 3 mots peut être le témoin d’une baisse des capacités auditives et doit faire rechercher un bouchon de cérumen suivi si besoin d’un examen spécialisé. Plus le diagnostic est précoce et plus l’acceptation d’un éventuel appareillage est facile.
Troubles de l’équilibre et risque de chute
Les chutes et leurs conséquences peuvent être graves chez le sujet âgé : fracture du col, perte d’autonomie ou encore institutionnalisation. Epreuve de Tinetti permet une évaluation clinique de l’équilibre et de la marche. L’anomalie de la station unipodale est un bon marqueur de risque de chute grave (c’est-à-dire nécessitant des soins d’urgence). Il suffit de demander au sujet de rester au moins 5 secondes sur une seule jambe. Le dépistage des troubles de l’équilibre et de la marche permet la mise en place de programmes de rééducation pouvant être réalisés par le sujet lui-même ou grâce à l’aide d’un kinésithérapeute.
Statut nutritionnel
La population âgée est à haut risque d’amaigrissement et de dénutrition. Différents facteurs sont à l’origine de ce phénomène, parmi lesquels : la grande fréquence de pathologies chroniques, les incapacités physiques, les difficultés de mastication, l’isolement social ou encore la polymédication. La majorité des personnes âgées n’ont aucune idée de leurs poids. Le rôle du médecin est ici indispensable car le suivi du poids permet de dépister rapidement un amaigrissement, avant l’apparition des complications (sarcopénie, chutes, perte d’autonomie, déficits immunitaires…). À affection égale, la durée d’hospitalisation est deux à quatre fois plus longue chez un malade dénutri. Le Mini Nutritionnal Assessment ou MNA est un outil validé et standardisé d’appréciation de l’état nutritionnel. Outre sa valeur diagnostique, il permet de réaliser une petite enquête nutritionnelle et de rechercher les éventuelles causes favorisantes de la dénutrition et par conséquent de guider les moyens d’intervention.
Pour en savoir plus : télécharger « L’ÉVALUATION GÉRONTOLOGIQUE STANDARDISÉE » par Dr Fati Nourashemi – CHU, Service de Gériatrie, Hôpital La grave - Toulouse
Consultation mémoire
Il faut pouvoir principalement faire la part, dans l’origine des troubles de la mémoire supposés, de problèmes psychologiques ou psychiatriques mais aussi des causes vasculaires ou dégénératives, au premier rang desquelles la maladie d’Alzheimer (MA).
Les consultations mémoire permettent grâce à leur multidisciplinarité et à leur réseau local non seulement l’établissement du diagnostic mais aussi un suivi au long cours.
Sites à consulter : où réaliser une consultation Mémoire : http://cm2r.enamax.net/
Mémoire et vie : http://www.memoireetvie.com/
Deux niveaux de consultation
Parmi les 700 000 cas de syndromes démentiels identifiés chez les + de 75 ans en France, 600 000 sont MA et pour cette affection, 130 000 nouveaux cas par an. La Circulaire KOUCHNER sur «la mise en oeuvre du programme d’action pour les personnes souffrant de maladie d’Alzheimer ou syndromes apparentés » distingue deux niveaux de consultations spécialisées pour les troubles de la mémoire :
Pour en savoir plus : télécharger le dossier « LES CONSULTATIONS MÉMOIRE EN GÉRIATRIE » par le Dr Olivier Michel - Service de Gérontologie clinique, CHU de Rennes et le Pr Anne-Sophie Rigaud - Service de Gérontologie clinique, Hôpital BROCA - CHU Cochin Port-Royal, Université René Descartes, Paris V
Déroulement de la consultation
Organisée en équipe pluridisciplinaire (gériatre, neurologue, psychiatre, neuropsychologue, assistante sociale, ergothérapeute, orthophoniste, kinésithérapeute et infirmières), cette évaluation médicale comporte :
L’évaluation doit prendre en compte les aspects environnementaux et sociaux chez la personne âgée.
Le kinésithérapeute, l’orthophoniste, l’ergothérapeute et l’infirmière permettent également un bilan des déficits du patient et l’orientation du projet de rééducation, et une diététicienne intervient au niveau des troubles alimentaires. Enfin, l'assistante sociale en gériatrie contribue à l’évaluation et à la prise en charge dans le maintien au domicile, la mise en place de mesures de protection des biens, d’aides financières ou pratiques aux familles, de gestion du dossier d'aide sociale.
Les consultations mémoire de ville
Pour pallier au nombre insuffisant de consultations hospitalières, il existe des consultations mémoire en ville, proposées par certains Réseaux qui disposent d'un neuropsychologue.
Le principe est de proposer les mêmes services que dans les consultations hospitalières mais en ville : consultation médicale spécialisée auprès d’un neurologue, d’un gériatre ou d’un psychiatre, bilan neuropsychologique, évaluation médico-sociale et consultation de synthèse ainsi que des examens biologiques et de neuro-imagerie.
Des neuropsychologues salariés par le réseau effectuent les bilans de mémoire sur prescription des médecins spécialistes de ville. Des réunions de synthèse sont organisées entre les neuropsychologues et les médecins coordonnateurs du réseau.
Des études ont démontré que les personnes sont diagnostiquées plus rapidement et plus précocement et qu’elles sont prises en charges plus jeunes et moins malades dans un réseau mémoire (MMS moyen = 25) qu’à l’hôpital. Les réseaux de ville répondent de façon adaptée à la nécessité de faire un diagnostic précoce.